Masque FFP2, lunettes… Les bons réflexes pour limiter son exposition face aux fumées d’incendie
Pour limiter son exposition, la Dre Sarah Rebert recommande, en plus de de consulter les indices de qualité de l'air du réseau Atmo, de fermer les fenêtres, d'arrêter temporairement la VMC, d'utiliser si possible la climatisation en mode recyclage et d'éviter les efforts physiques en extérieur. Si une sortie est indispensable, l'ARS Nouvelle-Aquitaine recommande d'ailleurs, “en cas d'exposition aux fumées”, de porter “un masque filtrant FFP2 ou FFP3”, en adaptant le niveau de protection à l'intensité des fumées et à la fragilité de la personne. Cette recommandation vise en priorité les nourrissons, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes souffrant d'asthme ou de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, ainsi que les personnes immunodéprimées ou atteintes de maladies chroniques.
Mais encore faut-il bien le porter. Interrogé par Sud Ouest, le pneumologue bordelais Pr Mathieu Molimard rappelle qu’il faut correctement l’ajuster au visage, et que sa durée d'utilisation est limitée, “entre 4 et 8 heures”, car une fois humidifié par la respiration, il filtre moins efficacement. Le spécialiste insiste aussi sur les limites de cette protection : “Le masque FFP2, c'est mieux que rien, mais ce n'est pas la solution à tout.” Selon lui, “la première des protections, c'est de ne pas s'exposer à la fumée, c'est-à-dire ne pas sortir, si on peut éviter de le faire”. Le masque permet de retenir une partie des particules fines, mais ne protège pas des gaz irritants contenus dans les fumées.
Les fumées n'affectent pas seulement les voies respiratoires. Comme l'expliquait récemment, le Dr Mehdi Cherif, ophtalmologiste interrogé par Femme Actuelle, les yeux sont eux aussi directement exposés aux particules et aux gaz irritants. Cette exposition peut provoquer des picotements, des larmoiements, une sensibilité à la lumière ou encore une inflammation retardée plusieurs heures après le contact avec la fumée. Le spécialiste recommande notamment d'éviter de se frotter les yeux, de les rincer au sérum physiologique ou avec des larmes artificielles et, en cas de forte exposition, de porter des lunettes de protection couvrantes. Si les symptômes respiratoires ou oculaires persistent ou s'aggravent, une consultation médicale s'impose rapidement.