Les “feux zombies” peuvent réactiver l’incendie des mois après
Les pompiers sont donc contraints de surveiller scrupuleusement les zones brûlées, afin d’identifier d'éventuels risques. "On utilise le visuel, l'olfactif et le toucher", explique à nos confrères de franceinfo, le lieutenant-colonel Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. En effet, diverses matières organiques et déchets végétaux s’accumulent dans les sols, parfois en profondeur, et constituent un combustible hautement inflammable. Parfois, même si un incendie semble éteint en surface, ces composés continuent de se consumer et peuvent réactiver un feu.
“On a l'impression que le feu est éteint, mais en réalité il couve et d'un seul coup, il ressort”, décrit Eric Brocardi, en comparant ces “feux zombies” à “un serpent sous terre”. Pour limiter les risques, les pompiers noient le combustible, en l’arrosant abondamment à l’aide d’un seau-pompe ou d’une lance. “On vient 'casser' le combustible, il faut passer d'un charbon grisonnant à quelque chose de noir, bien imbibé d'eau, pour lequel le risque de reprise est très limité”, détaille le lieutenant-colonel.
“Feux zombies” : les neutraliser demande un travail long et compliqué pour les pompiers
Cette opération est souvent laborieuse et demande beaucoup de temps aux professionnels. "En fonction du sol, il faut aller plus ou moins en profondeur", complète Eric Brocardi. Si les pompiers peuvent utiliser des caméras thermiques pour identifier des points chaux, cela ne leur apporte pas d’information sur la profondeur de ces “feux zombies”. “C'est un travail extrêmement complexe d'un point de vue management”, souligne le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, en ajoutant que ces derniers vont “parfois marcher de longues heures pour quelque chose qui est extrêmement petit”.
Après l’incendie de 2022 dans les Landes, les pompiers ont mis des mois avant d’éteindre définitivement les braises souterraines, et le dernier sous-sol en combustion a été traité en mars 2025, soit deux ans et demi après. Cette année, le risque de “feux zombies” est d’autant plus présent en raison des sécheresses à répétition qui touchent le pays.